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Mercredi 1 février 2006

Exposition Egyptienne

En ce début d'année, je suis allé voir une exposition au musée de Cimiez, à Nice, dont le thème était la nature dans l'Egypte antique. C'était une exposition intéressante quoique modeste; certaines pièces exposées m'ont particulièrement séduit.

 vitrine avec stèle funéraire

maquette de la tombe de Kha, fonctionnaire, époque de la XVIIIè dynastie, Deir-el Medineh

Statuette de la désse Bastet

ostracon représentant une esquisse de la déesse Hathor

 statuette du dieu Oupouaout

reproduction de bas relief représentant des scènes agricoles

 


Nota Bene: les photos sont de piètres qualité, car prises avec l'appareil photo du téléphone portable!

par Organon publié dans : archéologie
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Mercredi 1 février 2006

 

 

La soirée du 31 janvier était la première édition du Café-Ciné de Cultura de l’année.

 

 

 

 

Au programme, les derniers films sortis et vus par les participants. Animé par Georgia, revenue de la Côte Ouest avec des nouvelles et des potins d’Hollywood : l’ascension « despotique » de Georges Clooney et la controverse autour de Spielberg et son dernier film « Munich ».

 

 

 

 

« Munich », dont il a longuement été question, raconte l’attentat de Munich, en 1972, commandité par l’organisation palestinienne et la riposte du  Mossad israélien.  (voir synopsis). Le film a soulevé une vive polémique, tant aux États-unis qu’en Israël,  parce que Spielberg a voulu traiter  avec une « objectivité historique » l’attentat et la riposte du Mossad, riposte qui n’était pas connue du grand public jusqu’à présent.  (site officiel)

Tous les participants qui avaient vu « Munich » étaient d’accord pour dire que le film était très  fort et que la violence des images était compensée par la maîtrise de la mise en scène.

 

 

 

 

 

Ensuite, c’est le « Secret de Brokeback Mountain ». Tiré d’une nouvelle d’Annie Proulx et réalisé par Ang Lee avec Heath Ledger et Jake Gyllenhall, ce film primé à Venise et donné comme favoris aux prochains Oscars, raconte une passion totale et invivable dans le Wyoming des années 60 à 80. (voir synopsis)

 

 

 

 Cette histoire d’amour, vécue entre deux hommes simples, deux cow-boys, est sublimée par les paysages fantastiques qui s’opposent à leurs vies étriquées. De l’avis général des participants, c’est un film magnifique, qui prend la particularité d’une histoire d’amour gay pour évoquer toute la thématique de la passion, des interdits (supposés ou réels) de la peur de l’engagement et des liens qui transcendent le temps. (site officiel)

 

 

 

Toujours sur le thème de l’amour, mais plus léger, la comédie « Je vous trouve très beau"  avec Michel Blanc et Medeea Marinescu réalisé par  Isabelle Mergault, a suscité de nombreux commentaires positifs. De l'avis général un film plaisant, un humour grincant qui n'excluent pas les "bons sentiments"

(synopsis) (site officiel)

 

 

 

 

 

 

 

Un prochain rendez-vous  convivial  a été pris, pour le 14 février 

 

 

 

 

 

V.W 

 

 

par organon publié dans : autres
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Mardi 6 décembre 2005
Géographie politique du Proche-Orient :   Le point de vue des Egyptiens


Comment les Egyptiens considéraient-ils le monde extérieur à leur pays ?
Le discours officiel  présente l’Egypte comme exerçant une domination sur les autres peuples.
Ces représentations obéissent à la même codification : celle d’une soumission absolue à Pharaon.
Ainsi, par exemple, les représentations monumentales des temples montrent souvent le pharaon triomphant, traînant derrière lui les peuples enchaînés qu’il vient de conquérir.
Ces images de propagande se retrouvent même dans les tombeaux, comme par exemple dans la tombe de Rekh-mir-Rê (vizir de Thoutmosis III). On y voit l’apport des tributs par les peuples (Crétois, Minœns, Nubiens.... entre autres).
Aucune logique ne soutient ces tributs, on voit des Minoens apporter une défense d’éléphant !
Le message est simple : tous les produits de la terre sont portés en tribut à Pharaon,le monde entier défile pour lui rendre hommage, y compris les femmes et les  enfants des pays conquis qui sont emmenés en Egypte pour y être éduqués à l’égyptienne, « égyptianisés ».
Autre exemple, la soumission des peuples étrangers est aussi montrée sous un biais historié, comme à Deir El Bahari, avec l’expédition au Pays de Pount commandité par le Pharaon Hatshepsout. 
On y voit la population du Pays de Pount accueillir les égyptiens avec ferveur en  leur offrant des cadeaux tandis que leur reine est représentée sous les traits d’une femme obèse et difforme.
La souveraine du pays étranger est caricaturée alors que la caricature comme la difformité était inconcevables dans les figurations du pharaon.
Pendant longtemps, ces représentations ont été considérées comme littérales.
La construction d’un discours historique à partir des sources égyptiennes se résumait à l’affirmation d’un pouvoir global sur le monde connu et les relations internationales se réduisaient à une mainmise sur les ressources possibles par le pouvoir de Pharaon. Autant dire que le discours historique était biaisé et que les représentations égyptiennes semblaient  figées dans le conformisme établi.
Mais cette vision de propagande est bien différente si l’on s’attache aux pièces que l’archéologie revèle.
On trouve, par exemple, au 18e siècle avant notre ère, à Tell-el-Dab’a, capitale Hyksos, les traces d’un palais crétois. (Des « copies » de la peinture crétoise du « saut du taureau »).
S’agissait-il d’un comptoir ?
Plus vraisemblablement, d’une représentation politique de la Crète auprès de l’Egypte. (Ambassade peut-être).
De même de très nombreux objets égyptiens sont retrouvés en Crète, ce qui témoigne de relations diplomatiques et commerciales entre les deux pays.
Une étude menée par Nicolas Grimal et son équipe, sur les listes des pays étrangers portées sur certains monuments, montre une autre vision des puissances voisines de l’Egypte.
Dans le tombeau de Kherouef (dignitaire sous Aménophis III),  on trouve une représentation du roi et de la reine Tyi.
Sous le trône, une liste des peuples dominés.

medium_site_ganon.jpg


Ce système de cartographie se retrouve dans le Temple jubilaire d’Aménophis III, à Soleb, 3e cataracte au Soudan, ainsi que sur d’autres supports, comme  sur le char d’apparat de Touthmôsis IV (exposé au musée du Caire).
Quand on l’étudie ces listes, dans lesquelles on retrouve pêle-mêle des noms de villes de grande et moyenne importance et des noms de régions, on s’aperçoit qu’elles sont ordonnées selon un plan très précis,un véritable système de cartographie, à la fois géographique et politique.

détail des peuples dominés par Aménophis III et Tyi, tombeau de Kherouef

Elles sont constituées selon un rythme ternaire qui définit en grands ensembles les régions du monde connu.
Contrairement aux représentations de propagande citées plus haut, ce système de cartes s’avère correspondre à ce que les données archéologiques révèlent de la situation géopolitique du Proche-Orient, au deuxième millénaire avant notre ère.medium_tombe_de_kerouef_pour_monade.jpg
En effet, pour représenter le monde connu, les Egyptiens usaient d’un système de découpage du monde  en 9 arcs divisés en 3 groupes de 3 et représentant pour chacun l’Afrique, la Méditerranée et l’Asie.
Se fondant sur ces 9 arcs, les théories de noms de régions et de villes spatialisent la géographie du Proche Orient, englobant une série d’ensembles et de sous ensembles qui se recoupent selon le schéma :


1°) Le nord de l’Egypte
2°) Les secteurs limitrophes de l’Egypte
3°) L’ouverture vers l’Étranger


De plus, ces groupes sont organisés par niveau hiérarchique, en fonction des différences d’importance politique des pays cités.
L’étude approfondie et comparée de ces listes,  entre 2000 et 1300 avant notre ère, soit Thoutmosis III,  Aménophis III et Ramsès II en grands points de repère,  montre que les territoires étrangers n’étaient pas considérés comme un ensemble statique et potentiellement soumis mais, au contraire, que les égyptiens avaient conçus des moyens de représentations  précis qui prenaient en compte les variations géopolitiques.


Ainsi :


Sur  le char d’apparat de Thoutmosis IV, on peut lire que les états les plus importants sont :


1°) Naharina (Assyrie)
2°) Babylonie


Ensuite, au temple jubilaire d’Aménophis III, à Soleb,  les listes sont sur  les tambours des colonnes de la salle hypostyle. On peut y lire que  les états les plus importants sont :


1°) Babylonie
2°) Naharina
3°) Hatti
4°) Chypre ?

medium_img400.jpg


 

 

Temple jubilaire d'Aménophis III à Soleb

Par contre sous Ramsès II, à Aksha, la donne est changée :


1°) Naharina
2°) Hatti
3°) Chypre


Ce concept d’ensemble et de sous ensemble géographique nous est totalement étranger. Il n’implique pas une écriture de carte mais la représentation virtuelle de l’espace au moyen de la place donnée aux régions et aux villes selon une spatialité de groupe bien établie.
Exemple, à Gourna, au temple de Séti 1er,  deux sphinx, portant chacun des listes de pays et de villes, présentent une lecture ordonnée selon les points cardinaux :

Sens de lecture

L’étude de ces listes montre l’importance des villes d’envergure moyenne, d’états modestes ou de citées états, comme Ougarit, Qadesh ou Chypre. Sur les listes, elles demeurent toujours en fin de premier groupe ou début de deuxième groupe d’importance.
La raison supposée de cette pérennité est que leur rôle économique de relais n’est pas affecté par la lutte des grandes puissances du moment, Hittites, Assyriens, Babyloniens, et Egyptiens. Cette persistance dans l’ordre des listes montre aussi l’intérêt politique de l’Egypte à conserver avec ces petits états ou cités, des relations économiques stables. Ainsi, Ougarit qui mettait en relation les grandes puissances les unes avec les autres d’un point de vue commercial.


Les états les plus pérennes au II millénaire sont :


Chypre
Crète
Qadesh
Ougarit

Un système de cartographies unanimement adopté.


Ce système de cartographie fit ses preuves, comme en témoigne un monument atypique, une statue de Darius Ier (522-486 av  JC), retrouvée en 1972.
Sur sa robe aux larges plis, on peut lire un texte en écriture cunéiforme, reproduit en vieux perse, élamite, akkadien mais aussi en hiéroglyphes.
Mais c’est le socle qui recèle le plus d’intérêt. Sur le devant, est représenté le « Semataoui ».


En effet, même si l’Egypte de cette époque est laminée, et n’est plus qu’une satrapie de l’Empire Perse,cette unification des deux Egypte représente un modèle, qui sur cette statue représente l’union de toutes les terres de l’empire Perse.


Sur le côté du socle, la liste des peuples composants l’Empire Perse présentée selon le modèle de cartographie égyptien.
L’Egypte y figure d’ailleurs (Kémi en démotique) dans l’avant dernier groupe. En dernier, il y a l’Inde.
Elle a donc terriblement régressé en puissance politique mais son système de cartographie comme ses symboles avaient dépassé ses  frontières pour  être assimilés par ses vainqueurs.

I Phillips V Wilkin

sites recommandés :

http://www.osirisnet.net/tombes/nobles/kheru/kherouef1.htm

par Organon publié dans : archéologie
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